Ces déclarations font écho à la rencontre organisée en décembre 2006 à Tokyo entre le président de Toyota, Fujio Cho, et le patron de Ford, Alan Mulally. Les deux groupes avaient alors refusé de commenter les rumeurs de coopération. M. Watanabe estime aujourd'hui qu'une collaboration dans les domaines technologiques, notamment les motorisations du futur, pourrait avoir un intérêt pour les deux groupes.
L'attitude de Toyota peut être interprétée de deux façons. Première hypothèse, le japonais cherche à couper l'herbe sous le pied de Carlos Ghosn. Le patron de Renault-Nissan dit depuis plusieurs mois être intéressé par une alliance avec un constructeur américain.
Or, depuis que l'américain General Motors a décliné son offre, Ford fait figure de partenaire idéal pour le groupe franco-japonais. Une telle alliance à trois rebattrait de façon significative les cartes du secteur. Un bouleversement qui viendrait perturber Toyota dans son irrésistible ascension.
Seconde hypothèse, Toyota tendrait la main à Ford pour sortir le constructeur américain de ses difficultés actuelles. Le groupe japonais craindrait qu'une aggravation des difficultés de Ford provoque des réflexes protectionnistes de la part du gouvernement américain, ce qui pourrait freiner à terme les ambitions de Toyota aux Etats-Unis.
Quoi qu'il en soit, les déclarations de M. Watanabe ne sont pas anodines, alors que le constructeur japonais a toujours été très prudent sur les coopérations avec d'autres constructeurs.
Source : Le Monde
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