On peut prendre pour exemple une application industrielle existante. La société Wherenet a déployé en novembre dernier sa solution de traçage à base de tags Rfid, au sein de l'usine BMW de Dingolfing en Allemagne. Cette solution s'appuie sur des tags spécifiques ("Wheretags", http://www.wherenet.com/products_wheretag.html) et sur un dispositif de localisation en temps réel. Le système permet de localiser n'importe lequel des nouveaux véhicules produits, où qu'il se trouve sur le vaste site de l'usine, via un simple navigateur web. Les caractéristiques des tags sont les suivantes : ils sont actifs, disposent d'une portée variant de 100 (en intérieur) à 300 mètres (extérieur), pèsent 53 grammes, et sont d'une taille légèrement supérieure à celle d'un ticket de métro parisien (mais avec une épaisseur de 2 cm). En outre, ils disposent d'une batterie, dont la durée de vie est fonction des signaux émis : sur la base d'une émission toutes les six minutes, permettant donc de localiser le tag avec une extrême précision sur le site industriel concerné, la batterie dure sept ans. La solution est bien sûr ici limitée à un usage purement industriel, et pour des véhicules. Mais en sera-t-il toujours ainsi ?
Assurément, Rfid est générateur de valeur, comme le montrent la plupart des implémentations effectuées à ce jour. Mais par essence cette technologie porte également en elle les germes de dispositifs de traçage des biens et des personnes à très grande échelle, sans équivalent à ce jour, et généralisables à l'infini. Une prise de conscience de cet état de fait est une étape préliminaire à toute discussion, qui doit impérativement voir se concerter industriels, pouvoirs publics et défenseurs des libertés individuelles.
Car pour l'heure, la seule certitude que l'on puisse forger sur la question est bien que Rfid est une révolution en marche.
Cyril Fiévet
Source : OnNousCacheTout
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