Les garages de banlieue peuvent réserver d'agréables surprises et amener à faire de drôles de rencontres. S'il en prend le temps, l'amateur attentif pourra ainsi se voir transporté jusqu'à une époque où l'automobile s'affranchissait du rationnel pour donner jour à des productions aussi passionnelles que la Chevrolet Corvette.
Il est des trajets dont on se passerait bien, et celui qui nous mène vers le labeur quotidien est de ceux-ci. Mais à l'occasion d'un détour, l'inattendu et la passion peuvent venir retenir l'attention de l'amateur d'automobile blasé par la routine d'un voyage trop souvent répété. Dans une banlieue de la région parisienne, dans une morne zone d'activité jouxtant les rives de la Seine, une carrosserie d'aspect plutôt quelconque et pas vraiment engageant au premier abord abrite pourtant en son sein plusieurs exemplaires de la Chevrolet Corvette C3.
Exposées à la vue de tous et aux frimas du mois de novembre, une, deux, trois Corvette de type C3 patientent dans la cour. Mais c'est à l'intérieur d'un vaste hangar que ça se passe : châssis à nu, coques en cours de restauration, les Corvette fatiguées reprennent vie entre ces murs. Passionné du modèle et membre du Corvette Club de France, l'homme de l'art qui officie céans se voit ainsi confier la restauration des Corvette des autres membres du club.
Un bruit sourd se fait entendre, celui d'un moteur qui « envoi du lourd » ; à peine le temps d'en identifier la provenance qu'une autre Corvette fait son apparition, en l'occurrence un modèle C4 Callaway Supernatural 400. Développée par le préparateur américain Callaway à l'occasion du quarantième anniversaire du modèle, cette Corvette n'a été fabriquée qu'à dix exemplaires et voilà le seul exemplaire roulant dans l'hexagone qui se gare devant le garage. Christophe, le propriétaire, nous fait rapidement l'article : le V8 6.3 l atmosphérique (dérivé du bloc tournant au Mans en 1993) développe 405 ch à l'origine avec son catalyseur, mais après quelques retouches, notamment au niveau de l'injection, la puissance tourne désormais autour des 450 ch. Prochaine étape : modification de l'allumage, l'actuel étant un peu « faiblard » au dessus de 4 000 tr/min. Christophe avoue une vitesse maxi bien supérieure aux 298 km/h annoncés par Callaway. Le reste est à l'unisson, à l'américaine : kit carrosserie Greenwood, jantes chromées à cinq branches et double bâtons de 20 pouces, étriers de frein AP Racing à quatre pistons...
Puis c'est l'ainée qui fait son apparition et vient toiser la C4 callaway : une Corvette C3 Indy Pace Car de 1978, un autre modèle fabriqué en série limitée, à 3 700 unités selon le carrossier qui se trouve être le propriétaire de cet exemplaire. Entièrement « stock », cet exemplaire dans son jus présente fort bien : merci la coque en polyester. Sous le capot, le groupe motopropulseur est constitué d'un moteur L82 HiPerf 350cid accouplé à une boîte automatique. On retrouve sur cette série spéciale célébrant le 25ème anniversaire de la première voiture de sport américaine quelques équipements spécifiques comme les jantes aluminium, les vitres et antenne électriques ou un régulateur de vitesse.
Avec une grande générosité (et disponibilité), Christophe convie l'amateur qui souhaite en savoir plus sur les Corvette à le suivre et lui ouvre les portes de son garage. Là, c'est Disneyland pour les amateurs du modèle : une Stingray Split Window de 63' trône aux côtés d'un cabriolet C2 de 67', les deux voitures présentant un état impeccable. Quelle ligne ! La Corvette C2 affiche un design irrésistible, aux saveurs de Coca-Cola et de conquête spatiale. La C2 63' Split dispose d'un moteur V8 327 ci offrant 450 ch après une sévère remise en forme. Appliquée il y a plus de dix ans, la peinture rouge semble briller comme au premier rouge. De son côté, le cabriolet 67' abrite sous son capot un bloc V8 cubant 7.0 l de cylindrée ; également préparé, il a vu sa puissance passer de 430 à 500. Commentaire de Christophe :
« ça patine de la première à la troisième ». Il est temps de partir : Christophe a rentré la C4 Callaway dans le garage qui dispose alors d'à peine assez de place pour contenir une Harley modifiée avec des pièces issues du catalogue de célèbre préparateur et animateur télé Jesse James. Juste le temps de jeter un regard sur le Chevrolet Tahoe équipé du jantes de 22 pouces (et d'un réservoir GPL), pour tous les jours.
Vifs remerciements à Eric VERTUT, propriétaire de la Carrosserie de la Gare à Viry Châtillon, ainsi qu'à Christophe pour leur grande disponibilité.
Reportage réalisé par jean-Philippe Coll et photos réalisées par Antoine Arnoux.
TOUTES LES PHOTOS DU REPORTAGE :
COMMENTEZ CET ARTICLE ! | S'INSCRIRE | EN DISCUTER DANS LES FORUMS