Le Salon de Tokyo de 1995 fut l’occasion pour Honda de dévoiler un nouveau concept très prometteur. La Honda SSM, c’est son nom, évoquait un roadster aux lignes tendues censé représenter le retour du plaisir à la japonaise. Avec une longueur totale de 5 mètres, ce concept se distinguait par son long capot et surtout son moteur 5 cylindres équipé de la technologie VTEC (levée variable des soupapes). Commercialisée depuis 1999, la Honda S2000 est le fruit du développement instauré par la SSM. Elle a su évoluer en douceur dès la fin de l’année 2001 pour offrir à son pilote un peu plus de confort. En 2004, elle voit ses galbes évoluer avec un style extérieur retravaillé et un aménagement intérieur remanié. Nous avons eu la chance d’essayer une voiture d’exception équipée d’un moteur atmosphérique qui offre le meilleur rendement au monde (120 ch/l). Accrochez vos ceintures !
Design
Par rapport au concept SSM, la S2000 voit ses feux avant se placer au dessus des ailes avant. L’auto s’allonge pour mesurer 4,14 mètres de long. Les lignes sont toujours autant tendues avec un long capot plongeant, une ceinture de caisse haute et un porte-à-faux avant réduit au maximum. Depuis 2004, la S2000 a été entièrement revue mais reste toujours aussi équilibrée. Le bouclier avant évolue, les jantes de 16 pouces à cinq bâtons laissent place à des 17 pouces à 10 branches (5 branches sur notre modèle d’essai). Les feux avant abandonnent les clignotants monoblocs pour des blocs bulbeux bien plus modernes.
La capote n’a, elle, pas évoluée. Elle est toujours non doublée et ne filtre pas vraiment les bruits venant de l’extérieur. Electrique, elle vous demandera tout de même de la verrouiller/déverrouiller pour se glisser ou se retirer de son logement avec une très grande rapidité (6 secondes). Grâce au
déflecteur escamotable installé entre les appuie-têtes, les turbulences dans l’habitacle sont réduites lorsque le véhicule est décapoté.
En mode décapoté, le coffre généreux de 143 litres sera très réduit lorsque vous aurez logé le couvre capote (plutôt difficile à mettre sur l’auto).
A l’arrière, les feux évoluent également dans le bon sens et les deux sorties d'échappement s’ovalisent pour être plus voyants.
Equipements
Au niveau des équipements, ce n’est pas compliqué. Lorsque vous achèterez une Honda S2000, tous les équipements du catalogue seront présents dans votre auto, chose rare qui à le mérite d’être souligné ! Ainsi, esthétiquement, vous disposerez de jantes en alliage de 17 pouces, de lave-phares haute pression, de projecteurs au xénon à réglage automatique, d’un système d’alarme de poignées de portes et de rétroviseurs ton carrosserie. Seule la peinture métallisée vous sera facturée en option.
A l’intérieur, votre beau roadster bénéficiera d’une climatisation manuelle, de la direction assistée à assistance variable, d’un lecteur radio CD, de sièges baquets, d’un volant 3 branches, d’un soufflet et d’un pommeau de levier de vitesses en cuir.
Au niveau de la sécurité, la firme japonaise dote sa S2000 de l’
ABS, d’airbags frontaux, d’un répartiteur de freinage EBD et d’un système de contrôle électronique de trajectoire VSA (appelé habituellement ESP chez les autres marques).
Intérieur
A l’intérieur, l’ambiance est tout simplement magnifique. Tout est dédié au conducteur, les commandes de climatisation et de la radio sont presque inaccessibles pour le passager, Honda serait si macho que ça ! La mise en marche du moteur s’effectue par l’intermédiaire d’une clé (très cheap) puis d’un bouton rouge à gauche du volant (ce détail a été repris sur bon nombre d’Honda).
La planche de bord, ergonomiquement bien pensé pour le conducteur s’équipe de plastiques corrects et très bien assemblés, leurs qualités respectives ont été très bien calibrées au vu de l’objectif principal d’un tel achat. Même si l’instrumentation digitale est disposée de manière très claire et permet une lecture facile de toutes les informations, j’ai tout de même regretté l’absence de compteurs de vitesse. L’ensemble fait trop jeux vidéo et nous rappelle d’emblée que nous sommes dans une auto japonaise.
Pour vous installé à bord, il ne faudra pas être un fragile du
dos. L’auto est basse et compte bien vous le faire sentir côté sensations. Une fois bien logé dans les magnifiques baquets revêtus d’un cuir souple et dotés de renforts lombaires, votre corps sera parfaitement maintenu. Vous remarquerez dans la foulée combien la position de conduite (impression d’être allongée) est déjà forte agréable. Les pédales en aluminium, recouvertes d’un caoutchouc antidérapant, sont issues directement des pédaliers utilisés en course. Décapoté, votre confort est assuré grâce au
déflecteur installé entre les appuie-têtes. Les finitions chromées apportent une touche d’élégance à l’habitacle. Par souci de sécurité, le système audio CD est installé fort discrètement derrière un panneau estampillé « S2000 ». En série, des baffles sont installées dans les arceaux de sécurité afin d’optimiser la qualité de l’ambiance sonore lorsque vous roulez en plein air. Vous êtes en liaison directe avec la voiture ce qui vous amène à conduire avec une précision diabolique.
Le petit volant très bien dessiné réglé, pommeau de vitesse bien en main, il ne vous reste plus qu’à mettre en marche le 4 cylindres en ligne à technologie VTEC.
Moteur
Ce qui fait la force de l’Honda S2000, c’est son moteur ! Ouvrons donc le long capot pour découvrir le joyau japonais. On y trouve un petit quatre cylindres 2.0 placé longitudinalement en arrière de l’essieu avant. Le bloc rouge et gris développe pas moins de 240 ch à 8 300 tr/min (rupteur à 9 000 tr/min…) et un couple de 208 Nm à 7 500 tr/min sans turbo ni turbocompresseur ; cela fait de lui le moteur offrant le meilleur rendement au monde (120 ch par litre de cylindrée) ! Eh oui, Honda est le plus grand producteur de moteurs au monde, moteurs de motos compris !
Honda obtient une telle puissance grâce à la fameuse technologie VTEC qui agit, ici, sur le calage des arbres à cames, sur la levée des soupapes d’admission et l’échappement.
Grâce à ce système, le couple est conservé pour les bas régimes et la puissance pour les hautes rotations !
Lorsque vous lisez la fiche technique de l’engin et que vous voyez ce magnifique bloc devant vous, il est inutile de vous dire combien l’envie d’appuyer sur le bouton rouge se fait sentir. N’attendons donc pas plus longtemps et mettons en marche ce quatre cylindres. Des vibrations se ressentent dans l’habitacle, votre corps balance timidement et une once de plaisir commence à parcourir votre corps (même à l’arrêt, l’esprit S2000 opère). Passage de la première, je commence à faire chauffer la cavalerie sur quelques kilomètres en dessous des 4 000 tr/min. Le roadster me demande de monter plus haut mais je me contente du son sépulcral de l’engin qui me plait déjà fort bien.
Accélération franche, je franchi les 6 500 tr/min et là, le miracle existe, la japonaise pousse, pousse très fort et je frissonne de plaisir. Je passe les rapports avec envie toujours au dessus des 6 500 tr/min, le moteur me demande de monter toujours plus haut, toujours plus vite et crie de ses plus belles vocalises.
Sur circuit, vous découvrirez que les sensations ressenties ne sont pas artificielles. En effet, les performances de l’engin sont bien réelles avec 26,8 secondes sur le kilomètre départ arrêté et un 0 à 100 km/h abattu en 6,2 secondes.
Au niveau des consommations, je n’ai pas réussi à descendre sous les 10 litres aux 100 km. Avec une telle auto, il est difficile de faire des accélérations en restant sous les 6 000 tr/min… En moyenne, l’auto vous demandera donc 11 litres aux 100 km en cycle mixte. Si vous arrivez à rouler à 90 km/h en sixième, vous pourrez certainement descendre sous les 8 litres aux 100 km. Avec un réservoir de seulement 50 litres, l’autonomie n’est guère élevée (environ 400 km avec le plein) et vous serez souvent à la pompe. A oui, pour faire le plein, je vous conseille de suivre le mode d’emploi car j’ai mis plus de 30 minutes à trouver la toute petite tirette noire de la trappe à essence située entre le siège conducteur et la porte. De même, pour ouvrir le coffre depuis l’habitacle, vous trouverez un bouton dans la boite située entre les deux sièges.
Comportement
Lorsque j’ai parcouru la fiche technique du véhicule, j’ai était très surpris d’apprendre que l’auto pesait presque 1,3 tonnes ! Cette auto respire la compétition mais sait faire preuve d’une grande polyvalence. Même si elle est fatigante en ville (le couple n’est pas assez élevé et les trépidations sont fréquentes), elle saura se rattraper sur route dégagée et vous procurer un réel plaisir de conduite (certainement plus que dans des autos allemandes bien plus onéreuses).
La boîte à 6 vitesses est excellente. Les rapports s’enclenchent très rapidement et participent encore à l’agrément de conduite de la S2000. Dommage que la pédale d’embrayage ne revienne pas suffisamment vite lors des changements de rapport. A cause de ça, un léger patinage se fait sentir à certains moment et perturbe quelque peu votre plaisir. Ne vous inquiétez pas, l’auto en procure tellement que vous oublierez très vite cette mesquinerie.
Mais attention, je préfère vous rappeler que la S2000 est une véritable voiture de course. Par conséquent, elle ne pardonnera pas la moindre erreur. Sans ESP, l’auto est très très agile (sous-vireuse) et n’hésitera pas à partir dans le décor lors des accélérations trop franches ou précoces.
Avec son différentiel autobloquant Torsen, la motricité de l’engin est sans défaut majeur. Je vous aurai prévenu, la S2000 se réserve à des passionnées ayant de bonnes aptitudes au pilotage. Vous l’aurez compris, acquérir une telle auto pour ses lignes ou ses beaux chiffres sur le papier n’est pas une bonne idée !
Le système de freinage se montre bien puissant et endurant mais il ne faudra pas hésiter à « taper dedans ». Cette automobile Honda est un véritable régal sur circuit. En plus, elle profite d’une direction très directe et précise.
Conclusion
Esthétiquement, la S2000 est déjà agressive et novatrice et se reconnaît au premier coup d’œil. Sur le plan technologique, l’auto affiche la couleur. Le résultat est plus que convainquant, le comportement de l’auto est très sportif et à la limite d’être utilisable au quotidien (merci VSA), le moteur est époustouflant d’efficacité et la finition sans reproche au regard du prix (environ 40 000 €). Aujourd’hui, il devient vraiment difficile voire même impossible de disposer d’un tel joyau ultra-attachant tutoyant les 9 000 tr/min pour ce montant.Essai et photos réalisés par Rémy DEVAUREIX
Les plus
- Moteur exceptionnel - Performances - Comportement excellent - Finition - Châssis - Position de conduite - Volant et direction - ESP déconnectable très efficace
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Les moins
- Coffre limite avec la capote - Grosse tendance au sous-virage - Consommation - Peu de rangements - Manque de couple à bas régime
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Fiche technique :
Prix de base : 41 030 euros (+ 1 600 euros de malus écologique)
Puissance fiscale : 16 cv
Poids : 1 315 kg
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 5,33
Dimensions (L x l x h) : 4,14 m x 1,87 m x 1,27 m
Moteur : Type : 4 cylindres en ligne, 16 soupapes, 2 arbres à cames en tête à calage variable
Position : longitudinale avant
Cylindrée : 1 997 cm3
Puissance maxi : 240 à 8 300 tr/min
Couple maxi : 208 Nm à 7 500 tr/min
Emission de C02 : 236 gr/ km
Transmission : arrière
Boîte de vitesses : manuelle à 6 rapports
Roues : Freins : 2 disques ventilés à l'avant de 300 mm de diamètre et 2 disques pleins à l'arrière de 282 mm
Pneus : Bridgestone Potenza RE050 215/45 R17 à l'avant et 215/45 R17 à l'arrière
Performances : Vitesse maxi : 240 km/h
0 à 100 km/h : 6,2 s
0 à 200 km/h : 27 s
1 000 m départ arrêté : 26,8 s
Consommations :Sur routes : 8 l/100 km
Mixte : 11l/100 km
Urbain : 14l/100 km
Capacité du réservoir : 50 litres
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