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Essai : Toyota Prius Linea Sol 2006


 Publié le 05/05/2008 par Antoine - Lu 231 fois
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Près d'un million d'exemplaires vendus en 5 ans et une image on ne peut plus positive... Toyota a de quoi pavoiser au vu du succès commercial de son porte-drapeau technologique. L'occasion de revenir sur la Prius, désormais mythe de l'automobile du XXIème siècle. Justifié ou non...
Essai Toyota Prius

Essai Toyota Prius 2003

Essai Toyota Prius 2003
Très silencieuse, la Toyota Prius se distingue d'abord par son confort. La seconde génération de Prius offre cinq vraies places, un coffre satisfaisant et une ligne sobre et élégante qui ne déplaît pas.

Présentation

Ironie du sort, c'est aux alentours de la Moselle et du Luxembourg, ancien bassin houiller, que nous faisons connaissance avec la Prius. Une autre approche de la production d'énergie... Vitrine technologique du constructeur japonais, la Prius II a repris en 2003 le principe de la Prius phase 1 et porté un peu plus loin le concept de l'Hybrid Synergy Drive. Nettement plus abouti dans cette deuxième mouture, le dispositif fait appel à un moteur électrique de 68 ch venant en renfort au 4 cylindres 1,5 VVT-i de 78 ch. A basse vitesse, l'auto n'évolue que sur le moteur électrique, puis bascule sur le thermique à partir de 50 km/h ( et recharge ainsi les accumulateurs ). En décélération, la récupération d'énergie permet de gagner encore quelques Kw supplémentaires. Schématiquement, le système consiste en un va-et-vient permanent d'énergie entre les deux unités de motorisation. Sur le papier, il en résulte une consommation exceptionnellement basse, donc des émissions de CO² réduites, le principal argument de la Prius.

Le design a fait l'objet d'importantes recherches en soufflerie afin d'obtenir un Cx optimal. D'où un style extérieur pour le moins particulier, et un Cx de 0,26. Dans la même logique de diminution des résistances au roulement, les jantes 16p sont chaussées de modestes 195/60.


Vie à bord

A l'usage, le plus impressionnant est l'absence de tout indice trahissant le passage du tout électrique au thermique. Hormis un très faible bruit de démarreur et le schéma de répartition d'énergie affiché sur l'écran central ( pas vraiment utile, mais plotôt ludique ), rien ne vient troubler l'ambiance aseptisée qui règne à bord. Un ambiance résolument high-tech, distillée par le dessin de la planche de bord typée Star Wars et l'instrumentation à affichage digital placée au pied du pare-brise, loin devant le conducteur. L'écran tactile multifonctions regroupe l'ensemble des commandes de climatisation, radio, navigation, maintenance et demande un temps d'accoutumance, à l'instar du volant présentant trop de boutons ( jusqu'aux commandes de désembuage et de recyclage de l'air ). Idem pour le minuscule levier de vitesses par impulsions, qui s'avère très facile d'utilisation une fois apprivoisé. Seules les fonctions basiques essentielles sont confiées à des interrupteurs conventionnels.
Essai Toyota Prius 2003

Essai Toyota Prius 2003
Le principal objectif de cette Toyota Prius est d'être économique et respectueuse de l'environnement. Avec une consommation moyenne de 5,6 l aux 100 km, notre Toyota Prius nous a réellement surpris.

L'équipement est à l'image du contenu technologique : dans notre version Pack, GPS, système audio JBL, démarrage sans clé, caméra de recul et préinstallation téléphone sont présents. Un bémol concernant la qualité de finition : si les plastiques contribuent par leur aspect à l'ambiance « zen » de l'auto, ils le sont nettement moins au toucher. La planche de bord sonne creux et les plastiques brillants de la console centrale se rayent facilement. En revanche, les assemblages ne souffrent guère la critique, et aucun bruit parasite n'est à déplorer, même sur mauvais revêtement. Très lumineux, l'habitacle propose suffisamment d'espace pour quatre adultes et des espaces de rangement à foison ( double boîte à gants, vaste vide-poche central, porte-lunettes... ) : la Prius soigne ses aspects pratiques. Attention toutefois aux passagers arrière mesurant plus d'1,80 m : la partie supérieure du hayon empiète sur l'habitacle et peut heurter leurs têtes à l'ouverture. Pas gigantesque en raison des batteries ( 408 l sous le cache -bagage ), le coffre est toutefois modulable et présente des formes rectilignes. Cache-bagage enlevé et banquette rabattue, la Prius peut jouer les petits breaks.


Prestations routières


En terme de performances, l'intérêt du moteur électrique est la disponibilité immédiate de son couple de 410 Nm, d'où le bien-fondé de l'antipatinage, qui pourrait prêter à sourire au vu des 78 ch du petit 1.5 l. les relances sont franches, et les accélérations fort honnêtes pour un bloc de cette puissance : le 0 à 100 km/h demande 11s. Les dépassements ne posent aucun problème. La transmission à variation continue ( CVT ) colle parfaitement à la philosophie « zen » de la Prius. Aucun à-coup, même si le sensation de patinage propre à ce type de boîte est perturbante au départ. Au fil des kilomètres, on s'y fait. Si le silence total de fonctionnement est appréciable en ville ( attention aux piétons! ), le bilan acoustique est plus mitigé sur autoroute : au-delà de 120 km/h, les bruits aérodynamiques deviennent de plus en plus présents, et en accélération, le bourdonnement du petit 4 cylindres issu de la Yaris manque de discrétion. Tout cela n'incite pas à rouler à des allures répréhensibles...

D'ailleurs, la Prius n'aime pas être brusquée : le surpoids lié aux batteries et au moteur électrique la prive de toute velléité sportive. L'amortissement, un peu trop souple, a le mérite de préserver un excellent confort et filtre les irrégularités avec brio. Agréable, la direction joue dans le même registre : elle renseigne peu sur l'état du revêtement et gagnerait à être plus précise. L'attaque dans les épingles est à cent lieues de sa vocation, clairement destinée à un usage de bon père de famille. Globalement neutre, le comportement révèle un caractère légèrement sous-vireur en enchaînement de virages. Rassurant, mais la tendance à l'affaissement du train avant est désagréable : les départementales sinueuses de Lorraine mettent à mal un châssis peu à l'aise à rythme soutenu. En revanche, le train arrière fait preuve d'une stabilité imperturbable. Bref, menée avec douceur, la Prius offre un comportement routier des plus agréables.


Au final


Ecologiquement parlant, l'intérêt est discutable. Certes, la réduction des émissions de CO² est louable, mais il convient de se pencher sur le bilan environnemental global de la Prius, pas spécialement favorable à long terme en raison des problématiques de recyclage posées par les batteries. L'attrait que présente la Prius au niveau économique n'est toutefois pas négligeable, au vu de sa consommation d'environ 5,6/100 km en cycle mixte réalisée lors de notre essai. Moins optimiste que les 4,3 l/100 km/h annoncé par le constructeur, mais remarquable compte tenu des performances déjà honorables.

Certes, au prix de 25 500 € en version de base Linea Sol ( 29 450 € en Pack, pour bénéficier d'un équipement complet ) vient se déduire un bonus écologique de 2000 €, et une carte grise bon marché ( 4 CV fiscaux ). La Prius reste onéreuse : un aspect financier à comparer aux 25 300 € ( -700 € de bonus ) demandés par une C4 1.6 HDI FAP Exclusive à l'équipement comparable, ou encore aux 23 000 € d'une Toyota Auris D4-D Linea Sol, toutes deux faisant preuve d'une bonne sobriété. Pour les économies, seuls les avantages fiscaux concédés aux flottes d'entreprises seront réellement séduisants et plaideront en faveur de l'hybride.


Essai et photos réalisés par Antoine Arnoux


TOUTES LES PHOTOS DE L'ESSAI :


Essai Toyota Prius 2003  Essai Toyota Prius 2003  Essai Toyota Prius 2003

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