Le dispositif implanté dans le cerveau de Nagle est appelé BrainGate. Il a été crée par John Donoghue de la Brown University à Providence, Rhode Island et développé par une "start up" du Massachussets nommée Ciberkinetics.
Le BrainGate est constitué de 96 électrodes implantées dans une région du cerveau localisée dans le cortex. Cette
stratégie met à profit le fait que chez certains patients paralysés, les cellules neuronales continuent de fonctionner même si les moto-neurones ne répondent plus. Des études complémentaires impliquant d'autres paralysés ont rencontrés un certain succès, mais après 11
mois le dispositif s'est arrêté de fonctionner. Les chercheurs dont l 'étude est publiée dans Nature tentent de déterminer les raisons de cet arrêt.
Le BrainGate est cependant assez rudimentaire et le travail effectué avec Nagle est une découverte pionnière en la
matière. Malheureusement, ce dispositif ne couvre que quelques mouvements, les commandes cérébrales sont regroupées dans une boite localisé à l'extérieur, donc susceptibles d'entraîner des infections, en attendant une version reposant sur des communications sans fil. L'électroencéphalogramme qui pourrait être une alternative car non-invasive paraît hors jeu. En effet, le
bruit de fond décrédibilise fortement l'utilisation d'électrodes externes.
Krishna Shenoy de l'
Université de Stanford en Californie déclare travailler sur une nouvelle version du BrainGate pour améliorer les performances du dispositif et rendre acceptable les risques encourus par les patients. Le défi consiste à développer un produit autonome et implantable suffisamment sensible et rapide pour permettre une
communication efficace. Ce procédé devra également être durable, capable d'être opérationnel pendant la vie du paralysé.
Des tests sur des singes sont actuellement en cours, ils ont permis de déterminer qu'un léger
déplacement de la zone cible du cerveau permet d'améliorer les résultats. Ils peuvent sélectionner un
point précis sur un
écran d'ordinateur, alors qu'auparavant ils pouvaient seulement orienter la direction du curseur.
Si ces résultats sont reproduits chez l'homme, Shenoy espère que les patients seront capables de "taper" une quinzaine de mots par
minute. Elle pense d'ailleurs que cette mise au point interviendra à court terme. Dans le même
temps, Donoghue et son équipe étudient la possibilité d'assister les personnes atteintes d'attaques cardiaques, de dystrophie musculaire... Cependant, les rêveurs qui pensent que les hommes bioniques sont pour très bientôt risquent d'être déçus. Les limites sont dues aux implants chirurgicaux. Alors que la
technologie apparaît comme un don pour les handicapés, les chirurgiens semblent réticents à "bricoler" des cerveaux sains.
Source : Cette information est un extrait du BE Etats-Unis numéro 44 du 20/07/2006 rédigé par l'Ambassade de France aux Etats-Unis. Les Bulletins Electroniques (BE) sont un service ADIT et sont accessibles gratuitement sur www.bulletins-electroniques.com