Dans leur ouvrage "La révolte du pronétariat", Joël de Rosnay et
Carlo Revelli décrivent parfaitement bien le passage bénéfique de la macro à la micropublicité. "Mieux vaut investir dans une
publicité ciblée garantissant un rendement important sur une série de niches plutôt que d'arroser massivement les foyers, juste avant le journal télévisé de 20
heures ou une émission en prime time, avec un spot qui sera noyé dans une
marée d'autres spots vantant les mérites de dizaines d'autres produits", notent les auteurs. Mais surtout, le budget publicitaire de la
vidéo sur Internet est encore minime par rapport aux sommes colossales investies dans les publicités TV. "Aujourd'hui, la publicité en vidéo sur Internet représente pour les annonceurs un budget global de seulement 198 millions de dollars, ce qui financerait à peine un
jour et demi de pubs télévisées classiques, lesquelles représentent un montant
total de 48 milliards de dollars !", expliquent MM. de Rosnay et Revelli.
ABC, la chaîne de télévision du groupe Walt Disney, produit les séries à succès Lost et Desperate Housewives. Les deux sont distribuées par
Apple à travers iTunes, pour 1,99 $ par épisode. A ce prix, la
diffusion est intéressante pour ABC, mais forcément limitée par rapport au
nombre de visionnages qu'aurait chaque épisode sur un service gratuit.
La chaîne américaine prévoit donc de lancer cette année un service gratuit qui sera financé par la publicité. Les internautes pourront télécharger gratuitement les épisodes, qui seront entrecoupés de 5
minutes de publicité, laissant ainsi de côté l'intermédiaire Apple, peu utile sur Internet où le contact avec le public est direct.
Le modèle, également étudié par AOL, devrait progressivement s'imposer dans les studios. En couplant la
puissance du nombre de spectateurs et la possibilité de cibler au mieux les publicités par un service personnalisé, la rentabilité d'un service gratuit est paradoxalement beaucoup plus certaine.
Source: Ratiatum.com