Alors que dans le cas de la petite Mercedes, des doutes avaient été émis quant à la conformité de la réalisation de l'essai, il semble que cette fois-ci, tout ait été fait dans les règles de l'art.
C'est la déformation du pneu qui aurait provoqué le contact de la jante avec le bitume, envoyant alors la Logan sur le toit. Une perte de contrôle qui aurait été évitée si la Logan avait été équipée d'un ESP a souligné le club automobile.
Pire, sous le choc, le montant de pare-brise coté conducteur a cédé, heureusement sans conséquence pour le technicien chargé d'effectuer le test, mais l'ADAC n'a pas manqué de faire remarquer que cela présentait un risque important pour la survie des passagers.
Au final, le club allemand pointe du doigt la piètre protection qu'offre, à ses yeux, la Logan, rappelant de plus, les – seulement – trois étoiles obtenues par la Roumaine aux tests EuroNCAP, et conclut en suggérant à ses lecteurs qu'une voiture d'occasion, mieux équipée au niveau de la sécurité, serait peut être préférable à une Logan neuve!
En tout cas, après l'affaire des régulateurs, et, qui s'en souvient, de la mise en cause de la tenue de route de la première génération de Mégane, voilà une bonne occasion pour Renault d'essayer de mettre en application les bonnes pratiques de la communication de crise. Soit Renault fait réver, soit les allemand veulent absolument vendre plus de golf d'occasion.
Mise à jour du 29 Juillet 2005 : la roue était de secours et en tôle! Aussi surprenant que cela puisse paraître de la part d'un club a priori aussi réputé que l'est l'ADAC, celui-ci aurait plus ou moins bidonné son test d'évitement à l'issue duquel une Logan s'est retrouvée sur le toit.
Déjà, les plus fins observateurs du net avaient levé le loup: la roue avant gauche, celle par laquelle le scandale est arrivé, était en fait une roue de secours en tôle et non pas en alliage comme les trois autres. C'est effectivement ce que l'on peut distinguer en éclaircissant les photos émises par l'ADAC. De fait, le pneu de la roue "normale" aurait crevé avant le test.
Mais ce n'est pas tout. Dans une interview réalisée auprès du constructeur au Losange par tf1.fr, on apprend de plus que la Logan avait passé le test avec succès par deux fois, mais que pour disposer d'une meilleure luminosité pour les photos, le club allemand aurait changé de piste d'essai, piste qui n'aurait pas permis de respecter correctement la procédure. Ajoutez-y une roue de secours aux caractéristiques inférieures et voilà comment la Logan se serait retrouvée dans cette fâcheuse posture.
Ces informations viennent porter un lourd discrédit sur l'ADAC pourtant réputé et unanimement reconnu. Le constructeur français, qui est même le premier surpris, a déclaré être "en contact avec eux pour tenter d'éclaircir cette histoire". Cela m'empêche pourtant nullement le club allemand de continuer de réclamer l'ajout de l'ESP à la dotation de la Logan (tout en en sachant sûrement que la Logan ne peut pas recevoir cet équipement, car n'étant pas équipée d'un boîtier papillon motorisé).
Quant au montant de pare-brise qui a cédé lors du retournement du véhicule, Renault le qualifie de "tout à fait normal".
Beaucoup de bruit pour pas grand chose semble-t-il, mais qui pose la question d'à qui profite le crime. Pour Renault, la cause est entendue. La Logan, simple et bon marché, pourrait faire du tort aux constructeurs allemands et à Volswagen en particulier. De là à imaginer "un complot" visant à casser l'image de la petite Roumaine et il n'y a qu'un pas. Et bien c'est raté, la Logan devrait rapidement être reconnue "bonne pour le test de l'élan". Par contre, un montant de pare-brise qui rompt lors d'un tonneau, est-ce bien normal? Si des spécialistes de la question me lisent, qu'ils n'hésitent pas à laisser un commentaire.
Mise à jour du 3 Août 2005 : tenue de route de nouveau mise en défaut Coup de théâtre, le magazine l'Auto-Journal publie dans son numéro 678 du 4 août, un article dans lequel il inflige un carton rouge à la tenue de route de la Logan. La raison? Véhicule chargé de trois mannequins et 80 kg de bagages (en plus du conducteur bien sûr!), le test d'évitement réalisé par le journal est tout juste passé à 60 km/h, mais se solde par un tête-à-queue à 70. Et pire encore, à 80 km/h, le pneu avant droit, celui sur laquelle l'auto vient en appui, déjante. La vidéo de l'essai est ici.
Une seconde Logan est testée. Même déjantage. La pression des pneus est vérifiée, RAS. 200 g de plus sur chaque roue, même résultat. Enfin, les roues en tôle qui équipent d'ordinaire la Logan sont montées et là, pas d'autre problème qu'une tenue de route qui reste délicate.
Le magazine diagnostique "un débord intérieur de la jante insuffisant pour supporter un fort appui", et , sans aller jusqu'à exiger de Renault le montage d'un ESP sur la Logan, comme l'avait fait l'ADAC, conseille malgré tout aux propriétaires de la Dacia, de faire remplacer les jantes en alliage par des modèles en tôle et de se faire rembourser la différence!
Une voiture qui part sur le toit lorsque l'on monte une roue de secours en tôle, ou qui fait déjanter le pneu en appui lorsqu'elle est en alliage, le moins que l'on puisse dire, c'est que la Logan est surprenante. Mais je me garderai bien de conclure. Il n'a pas fallu trois jours pour que les essais de l'ADAC soient remis en cause. Attendons donc la réaction de Renault suite à ceux de l'Auto-Journal. S'agit-il d'une série de roues défectueuses ou d'un réel défaut de conception ? Et la tenue de route de la Logan est-elle réellement problématique ?
Mise à jour du 4 Août 2005 : Renault est sur le coup ! Nous devrions connaître très rapidement les conclusions des ingénieurs de Renault qui cherchent à expliquer les causes de déjantages observés par l'Auto-Journal. C'est ce qu'a laissé entendre hier le constructeur automobile à tf1.fr (merci Paul-Jérôme), précisant que "toutes les configurations sont étudiées", comprenez que tous les types de jantes et de pneu seront testés.
De manière préventive, Renault a d'ors et déjà suspendu la livraison des Logan équipées de jantes alliage, et se tient prêt à une opération de rappel au cas où le problème serait confirmé. 47 véhicules devraient alors être remis à niveau, c'est en effet le nombre de Logan qui ont été vendues avec de telles roues (une option à 440 Euros), en Europe occidentale (France, Allemagne, Espagne).
Sans remettre "en cause le travail des journalistes", le constructeur au Losange a quand même ajouté "qu'il s'agit tout de même de conditions extrêmes d'utilisation". Une façon de tester son argumentaire en cas de découverte d'un défaut de conception avéré? A suivre...
Source : LeBlogAutomobile
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